La salle des Gardes

 

Bienvenue chez Jean d'Orléans

Comte de Dunois, Prince de sang dit le Bâtard d'Orléans - (1403 – 1468)

 

Vous voici dans le château de Jean de Dunois. Chargé à la fin de 1428 de la défense d’Orléans, il est surtout resté dans les mémoires pour avoir été l’un des plus proches compagnons de Jeanne d’Arc. Jean d’Orléans évolue dans un contexte politique français très sombre : les nombreuses revendications dynastiques de l’époque mettent à mal un royaume en perdition mais le « Grand Bastard » fera preuve sa vie durant d’une étonnante loyauté et droiture exemplaire. Brillant homme de guerre (il délivrera le sol français des anglais de la Normandie à la Guyenne), il s’illustrera aux côtés de la Pucelle dans de nombreuses batailles, notamment à Patay.

 

Un guerrier et un politique

Grand guerrier certes, mais également puissant homme d’Etat, Dunois a occupé ainsi le poste de Grand Chambellan de France pendant plus de 30 ans. Le grand Chambellan était un personnage clef qui avait en permanence accès à la chambre du roi : il signait les chartes et les documents importants, assistait avec le roi au jugement des pairs. Il avait également la garde du sceau secret et du cachet du cabinet, recevait les hommages rendus à la Couronne et faisait prêter les serments de fidélité en présence du Roi. Il jouait aussi un rôle primordial lors du sacre.

 

Le Bâtard d'Orléans

Jean est un « Bâtard », mais attention, avec un « B » majuscule. Il est fils de Louis d’Orléans, frère de du roi Charles VI. Jean a été élevé avec ses demi-frères légitimes et son cousin, le futur roi Charles VII. Il sera traité avec tous les égards des grands de ce monde et fréquente les hautes sphères de la société. Il est Prince, neveu du roi Charles VI, oncle de Louis XII et grand oncle de François Ier ! Mais sa fortune, il la doit totalement aux membres de sa famille car être bâtard n’apporte aucune légitimité. C’est en effet un statut très particulier : à la fois honorifique et gratifiant puisque l’on appartient à une grande famille tout en restant totalement tributaire de cette même famille (un bâtard ne peut hériter de ses parents). Les Bâtards sont cependant des éléments stratégiques dans une famille princière : elle sait qu’elle peut compter sur leur totale dévotion.

De fait, Dunois va jouer un rôle essentiel dans la gestion des affaires de la famille d’Orléans, notamment lorsque son demi-frère Charles d’Orléans, l’aîné de la famille, fut fait prisonnier à Azincourt en 1415. Transféré à Londres, il ne sera libéré que 25 ans plus tard !

 

Jean d’Angoulême, son second demi-frère, tombe également entres les mains des anglais en 1412 et ne reviendra qu’en 1444... Quant au 3e frère, Philippe, il décèdera en 1420 …

 

Ce fut donc Jean d’Orléans qui, dans ces circonstances très spéciales, présida à la destinée des Orléans (une famille extrêmement puissante s’il en est). Il le fera loyalement en préservant au mieux les intérêts des siens. En reconnaissance de ses nombreux services, le roi Charles VII le reconnut prince légitime dans la maison d’Orléans et sa propre famille lui donnera les moyens de tenir son rang.

 

Si les lettres de légitimation qu’il reçoit ne donnent pas de droits dans la succession à la couronne, elles lui donnent un certain nombre de droits attachés au titre de prince : préséance sur les grands, autorisation de doter sa demeure d’une chapelle royale comme dans son futur château de Châteaudun…

 

Il repose aujourd’hui dans la basilique Notre-Dame de Cléry, non loin de son château de Beaugency.

 

Titres nobiliaires de Jean de Dunois :

comte de Mortain (1424), de Porcien (1428), de Périgord et de Gien (1430), de Dunois (1439) et de Longueville (1443), vicomte de Saint-Sauveur, baron de Parthenay, seigneur de Valbonnais (1421), Fallavier (1422), La Ferté-Vineuil, Romorantin (1430), Châteaurenault, Fréteval, Marchenoir, Beaugency, Cléry (1439), Bouteville, Vouvant et autres lieux.

 

Offices civils et militaires :

Chevalier (1421) Chambellan du dauphin et régent Lieutenant général du duc d'Orléans (1429) Grand chambellan du roi (1433)