Le vestiaire et l'atelier

 

Le vestiaire du Chevalier

 

Les chevaliers, entre la chasse, la guerre ou les tournois, ne cessent de s’entrainer et de s’éprouver entres eux. Après les entrainements, on fait appel à un artisan qui va réparer et perfectionner ce qui est les éléments essentiels de la protection corporelle du chevalier : l’armure et la cote de maille.

 

L’armure

Véritable carapace de fer recouvrant l’ensemble du corps (« armure de plates ») a été utilisée en Europe pendant 300 ans environ. Les grands centres de fabrication se trouvaient en Italie du Nord et en Allemagne, à Nuremberg, mais aussi Augsbourg et Innsbruck qui s’est rendu célèbre pour la qualité de ses aciers trempés. Ils fournissaient des armures à l’Europe entière !

 

Les personnes les plus aisées se font faire des armures sur mesure, tandis que les autres font mettre « au besoin », à leur taille des pièces produites en taille standard. C’est moins cher, mais moins confortable. Par ailleurs, sur les champs de bataille il y a une véritable activité de récupération de pièces d’armures. Si l’on manque peut-être d’allure avec des pièces dépareillées, du moins protège-t-on son capital santé !

 

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, l’armure permet de courir, sauter, rouler à terre et même faire le poirier ou de grimper à l’échelle si le cœur vous en dit. La légende du chevalier en armure qui ne peut pas se relever n’est qu’un mythe ! Leur poids dépasse rarement 25 à 30 kilos. Grâce à un astucieux système d’attaches, les épaules portent environ 7 kilos, le restant étant réparti sur les hanches, les jambes et les bras.

 

Pour fabriquer une armure, l’armurier, à partir de fines plaques de métal forme ses pièces à l’aide de marteaux, puis les pièces sont chauffées au rouge pour ensuite être trempées dans l’eau froide. C’est ce que l’on appelle l’acier trempé, qui est beaucoup plus souple et 3 fois plus résistant que le fer.

 

De façon générale, l’emploi de l’arme de feu portative, parce qu’elle nécessitera l’emploi d’armures plus épaisses et donc plus lourdes, sonnera le glas des armures de guerre qui sombreront au XVIIe siècle.

 

La cote de maille

Ce sont les celtes qui ont trouvé le moyen de fabriquer le fil de fer. Ce sont eux qui auraient ainsi portées les premières cottes de mailles au 3e siècle avant JC.

 

Si elle protège efficacement des coups de taille (tranchant de l'arme), la protection contre les coups d'estoc, (pointe de l'arme) et des projectiles, (en particulier les carreaux d’arbalète) est plus aléatoire...

 

Les avantages de la cote de maille sont sa souplesse et sa facilité d’entretien. Il suffit de la plonger dans un tonneau avec du sable mêlé d’huile ou de vinaigre, puis de faire rouler le tonneau. Par frottement, la cote était astiquée et l’huile la protège contre la rouille.

La cotte de maille, simple « chemise » au début, va ensuite s’agrémenter d’une sorte de capuche au XIe (le « camail »), puis au XIIIe de chausses et de gants.

 

Notre artisan peut ainsi « raccommoder » à loisir dans son atelier les accrocs dus aux combats.

 

Mais les chevaliers utilisent également d’autres types de protection comme le « Jaque », un vêtement matelassé ou multicouche qui sert de protection pendant les combats. Contrairement au « gambison », il n’est souvent pas associé à une armure ou cotte de maille. Louis XI fixe par une ordonnance, sa fabrication pour les francs-archers et préconise l’usage de 25 à 30 couches de tissus, plus une peau de cerf.

C’est le principe des gilets pare-balles !

 

Les insultes au Moyen-âge

(Les enfants ne sont pas obligés de lire !)

Le monde des chevaliers brasse de nombreuses personnalités très différentes les unes des autres et toutes n’ont pas le même savoir vivre que Jean de Dunois. Xaintrailles ou La Hire, ses compagnons de guerre, avaient l’habitude de jurer plus que de raison. Le vestiaire des chevaliers est le lieu propice pour vous dévoiler discrètement quelques gros mots de l’époque…

 

Bâtard ! Un grand classique… Au XIe siècle, pour punir les crimes d’adultère, le condamné devait transporter une selle. L’homme adultère devait ainsi bâté, transporter l’enfant issu de ses amours illicites sur son dos, jusqu’à un lieu public où il était battu. Les bâtards étaient dénués de tout droit, rabaissés au rang de bouffons, de criminels… Mais pas de la même façon selon les époques ou sa classe sociale ! Etre le bâtard du duc d’Orléans était un grand honneur ! Être le bâtard d’un paysan, un grand malheur…

 

Géménée de godinette ! Les injures ou jurons faisant référence à la mère ont toujours, eux aussi, été utilisés. Si, de nos jours, c’est « nique ta mère » ou « fils de p… », au Moyen-âge on pouvait entendre « Géménée de godinette ! » (« enfant de débauchée ») ou « Escot de barnecs ! ». 

 

Carogne ! La femme est également une cible privilégiée : la carogne, après avoir désignée un vieux cheval, est une insulte pour désigner une mégère, une femme débauchée ou une méchante femme…

 

Palsambleu ! Parmi les thèmes populaires, on trouve les jurons qui insultent ce qui est sacré dans une religion : « sacré nom de Dieu », « bordel de Dieu », mais aussi « jarnidieu » ou « jarnibleu » (« Je renie Dieu »), « morbleu » (« par la mort Dieu »), « palsambleu » (« par le sang Dieu ») ou « peuchère de Bonne Mère » (qui signifie « la Bonne Mère est une pécheresse »).

 

Merdaillon ! Le registre scatologique comme « merde » et ses dérivés est une des plus vieilles sources d’inspirations : « merdeux », « emmerder », « emmerdeur », etc. Ce terme se retrouve pour la 1ère fois dans « Le Roman de Renart », le fameux recueil de récits médiévaux français des XIIe et XIIIe siècles. « Merde » est l’un des gros mots les plus populaires de la langue française.

 

Et pour le plaisir : « Que cent diables te sautent au corps ! » « Escorche raine » (écorcheur de grenouille), Bougre, Malotru, Tête de nœud, Coquin !