L'Office et l'ex chambre de Francois 1er

 

Cette salle d’office généralement située à cote de la salle à manger a différents usages : on y range, la vaisselle, on y apprête les couverts, découpe les viandes… Elle est aussi nommée « dépense ».

C’est là que l’on vient également rapporter le gibier de la chasse et grignoter de manière informelle… Ici, on se détend et l’étiquette peut se relâcher.

 

Mais cet office a eu une destinée un peu particulière :

Comme vous le savez, l’étage noble, se trouvait au 1er étage. Mais lorsque le roi François 1er rendit visite à son cousin l’évêque d’Orléans Longueville en 1519, le logis était dans un tel état de vétusté, les plancher en particulier étaient devenus tellement dangereux, que l’on se résolut à donner au roi une chambre au rez-de-chaussée, dans cette pièce même.

On transforma alors l’office en une belle chambre, ce qui explique en particulier la présence de cette cheminée à la facture particulièrement raffinée...

 

Que trouve-ton sur la table au Moyen Age ?

Cela dépend déjà de la catégorie sociale à laquelle vous appartenez. La manière de se nourrir est étroitement liée aux croyances et au symbolisme. Ainsi, un seigneur mange très peu de légumes. Les légumes poussent dans la terre, un élément vil : ce sont des aliments qu’on laisse volontiers aux paysans.

En revanche les fruits, qui poussent en hauteur, donc en contact avec ciel, royaume de Dieu, sont les plus prisés.

De la même façon, le seigneur affirme sa puissance en consommant du gibier. La viande sur les tables paysannes (quand il y en a !) est celle d’animaux domestiques.

 

Mais la Renaissance va apporter son lot de changements dans les habitudes alimentaires : les légumes jusqu’alors méprisés, deviennent à la mode sous l’influence de la cuisine italienne (aussi bien les légumes indigènes que les nouveautés importées d’Italie, comme les artichauts ou les asperges).

Un engouement extraordinaire va également se développer autour du champignon et tout ce qui est céréales et légumes secs va tendre à disparaitre des tables nobles.

Si peu de mets découverts en Amérique vont entrer sur les tables de la Renaissance, on peut tout de même citer la dinde (ou poule d’Inde, comme on dit à l’époque) que l’on emploie généralement pour imiter le paon ou le cygne.

 

Que boit-on au Moyen-âge ?

 

Le lait ?  Non, absolument pas ! Sa consommation régulière est signe de pauvreté et peut selon les croyances de l’époque expliquer certaines dégénérescences et même, selon certains, provoquer la lèpre ! La consommation de lait est exclusivement réservée aux enfants.

 

Le vin ? Consommation moyenne par habitant : 1,5 litre par jour (homme, femmes et enfants confondus… certains plus « accros » que d’autres (on rapporte que Charles le Téméraire était saoul un jour sur deux…).

Mais le vin était moins alcoolisé qu’aujourd’hui et souvent coupé d’eau !

Pendant le repas, on sert surtout du vin blanc sans eau, puis à partir de la fin du XIVe, du vin rouge (suite aux progrès réalisés dans les techniques de conservation du vin rouge), toujours coupé d’eau.

 

  • Les vins blancs et clairets, légers, sont pour les classes supérieures
  • Le vin « noir » (rouge), nourrissant, moins cher : pour les travailleurs
  • Les vins blancs et nouveaux coupé d’eau : pour les jeunes
  • Les vins rouges et vieux : pour les vieillards

 

Ce sont les vins liquoreux qui sont les plus prisés, comme le muscat, le Chypre ou encore les vins épicés comme l’Hypocras (vin rouge macéré avec du sucre et du miel ; appelé clairet lorsque le mélange est à base de vin blanc).

 

La bière est également présente : d’invention germanique, elle détrône la cervoise à la fin du Moyen Age. C’est la même recette qu’aujourd’hui (fermentation de céréales : orge, froment, avoine à laquelle on ajoute du houblon). On la trouve plutôt en Europe du Nord et sur les tables modestes. Elle vaut 8 fois moins cher que le vin !

 

Le cidre : spécialité normande ?

En réalité, le cidre a été inventé dans le nord de l’Espagne et parvient au XIIe en Normandie. Il y va supplanter la bière et devenir la boisson commune chez les personnes modestes, l’élite restant fidèle au vin.

 

L’eau ? Elle est souvent polluée et par conséquent nocive. Les apothicaires conseillent de la faire bouillir, puis de la filtrer avec une peau de laine ou de lui adjoindre du vinaigre, du verjus (un jus acide extrait des raisins n'ayant pas mûri), du miel ou de la réglisse… ou du vin, pour éviter des « flux de ventre »…